1 août 2015 – Allocution à Semsales

1 août 2015 – Allocution à Semsales

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Chers concitoyens, chères concitoyennes, chers Semsaloises et Semsalois

C’est un grand honneur et un vrai plaisir pour moi d’être avec vous ce soir dans cette magnifique région de la Veveyse : au pied du Niremont, les collines et montagnes d’un côté, la vue sur le lointain dans la direction du lac Léman de l’autre côté. Elle est magnifique votre région !

Avec vous, j’ai goûté un bon repas et je me réjouis déjà de passer encore quelques moments avec vous ce soir dans le but de faire votre connaissance. Moi, qui viens de Morat, une germanophone d’origine et francophone de cœur, je constate que nous avons plusieurs choses en commun. Les deux, Morat et Semsales, sont des régions périphériques de notre canton. Les chemins vers Fribourg (donc vers l’Etat) sont parfois assez longs. Est-ce que nous sommes quelque peu minoritaires parce que nous sommes périphérique dans notre canton ? Pour renfoncer la question des minorités : les germanophones du Lac, de la Singine ou de Fribourg-ville sont dans la minorité dans le canton de Fribourg, les francophones le sont au niveau Suisse. Je comprends alors très bien cette situation de minorité des Romands au niveau Suisse, et surtout à Berne j’arrive ainsi créer des ponts entre les différentes cultures.

Comme beaucoup parmi vous, je viens de rentrer des vacances que j’ai passées au sud de la France et à Barcelone, de bonnes vacances dans des régions belles et intéressantes. Et pourtant – et malgré la fin des vacances – je me suis réjoui de rentrer à la maison en Suisse. N’est-ce pas (aussi) un pays magnifique avec ces montagnes, les lacs, les prés verts (peut-être un peu moins verts que d’habitude cette année) ? Et en plus la paix, la stabilité et la prospérité de notre pays qui nous rassurent dans notre vie quotidienne ? Même si nous non plus n’avons pas qu’une vie en rose, que nous aussi avons des difficultés, par exemple des problèmes financiers dans le canton ou dans les communes, des problèmes comme le chômage, des primes d’assurances maladies ou les loyers qui augmentent – comparé à d’autres pays, nous allons bien. Nous ne sommes pas traumatisés par des guerres terribles comme les réfugiés de Syrie et Iraq, nous ne mourons pas de faim comme les gens de l’Éthiopie ou de l’Afrique de l’Est, et une majorité de notre population peut mener une vie décente.

Notre patrie que nous célébrons aujourd’hui, le premier août : quelle est la patrie que vous célébrez ? Est-ce que c’est la Suisse « des cartes postales » que moi aussi j’ai décrite toute à l’heure ? Pourquoi pas, c’est évident et c’est aussi important.

Mais au-delà ? Est-ce que vous fêtez aujourd’hui la démocratie Suisse, un système politique unique qui permet à nous toutes et tous de participer activement aux décisions qui nous concernent nous, notre pays, notre vie dans les communes et dans les cantons ? Eh bien, la participation aux votations ou aux élections s’élève en moyenne en Suisse à environ 45%. Cela me semble quand-même un chiffre à améliorer. La participation aux fêtes du 1er août est plus élevée que ça, il suffira que chacun qui fête ce soir, vote régulièrement ! Car chaque voix compte, comme on a pu constater lors des dernières votations (je pense notamment à la loi sur la radio et la télévision qui a été accepté avec un écart de 3000 voix seulement) !

Ou est-ce que vous pensez ce soir plutôt à la Suisse d’un point de vue de la vie de travail ? Nous profitons en Suisse d’une bonne formation aux écoles et d’un très bon système de formation professionnelle qui est une importante raison pour notre succès économique et pour un taux de chômage relativement faible. Pourtant, il y a des craintes de pertes de places de travail, et aujourd’hui, pour les personnes de plus de cinquante ans ou les jeunes en fin de formation, il n’est plus si facile de trouver une poste de travail. Je m’engage donc pour des possibilités d’une formation continue des employés, pour une meilleure protection de licenciement pour les employés de plus de 50 ans et pour l’introduction de modèles d’occupations flexibles.

Il y a d’autres facettes de notre patrie, de la Suisse, que nous pouvons fêter ce jour du 1er août, à part le système politique, la stabilité et la paix : par exemple les différentes cultures et leurs traditions, l’environnement sain, les infrastructures bien équipées, les différents systèmes de prévoyance professionnelle, de prévention, de santé etc. etc. Pourtant, ce qui m’importe c’est qu’il faut regarder un petit peu plus loin et réaliser qu’il n’y a pas qu’une seule et belle facette, cela veut dire

  • il n’y a pas que des riches, mais il y a aussi des gens qui vivent dans la précarité et qui ne savent pas comment joindre les deux bouts à chaque fin de mois. Le devoir de notre société est de garantir des revenus qui permettent de vivre décemment à tout le monde.
  • il n’y a pas que des hommes et des femmes fortes et en bonne santé, mais il y a aussi des personnes en situation de faiblesse, des personnes fragilisées, comme les personnes âgées, malades, ou accidentées pour ne citer que ces exemples. Il est notre tâche de veiller au bien-être des plus faibles de notre société. La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres, comme le dit déjà notre Constitution.
  • il n’y a pas qu’un beau paysage, mais il y a aussi des risques de pollution de l’air, des sols ou des eaux, il y a des dangers naturels comme l’érosion, les glissements du terrain ou les inondations. La protection de notre environnement et la vigilance pour les dangers naturels sont des sujets qui me tiennent à cœur.

Pour assurer que nous pouvons être fiers de notre patrie, dans le futur comme aujourd’hui, il faut continuer à être vigilant, voir les difficultés, avoir des visions, bref : il faut continuer à travailler, il faut continuer à construire notre belle patrie. Pour cela, il ne faut pas qu’un état bien fonctionnant, mais aussi des citoyens et citoyennes qui s’engagent volontairement.

Un bon exemple pour un volontariat me semble l’organisation de cette fête du 1er août à Semsales qui a été faite par la Jeunesse de Semsales. Bravo à vous toutes et tous et un grand merci pour votre engagement ! Continuez dans ce sens, dans votre engagement pour la communauté, pour tout le monde et non seulement pour vous personnellement ! Semsalois, vous pouvez être fier de vos jeunes !

J’aimerais bien terminer par un témoignage personnel pour la Suisse, on pourrait le mettre sous le titre : « Suisse, mon amour »

J’aime la Suisse.

J’aime le chocolat et le fromage, les röstis et la fondue (et les macaronis de Chalet de ce soir), mais j’aime aussi les pizzas, les paëllas ou les couscous.

J’aime les alémaniques et les romands, mais j’aime aussi apprendre des langues étrangères comme l’espagnol ou le portugais, et j’essaie de comprendre tous celles et ceux qui viennent de l’étranger et ne parlent pas encore suffisamment une langue de notre pays.

J’aime la paix, la stabilité, la justice de notre pays, j’aime la perfection et la ponctualité et la stabilité qu’elles nous offrent, mais j’adore aussi les moments de détente, de laisser-passer et de fermer les yeux l’une fois ou l’autre … par contre, je n’aime pas les injustices et l’indifférence, je déteste le racisme et la xénophobie.

J’aime la solidarité et la tradition humanitaire de la Suisse, et je m’engage pour qu’elle puisse continuer dans ce sens.

 

Chers concitoyens, chères concitoyennes, je vous souhaite encore une très belle fête nationale et une bonne soirée – merci pour votre attention.